Loïc est conférencier scientifique, formateur, chargé de visites, rédacteur, et fait partie de ces personnes qu’on apprécie tout de suite : passionné, sociable, sincèrement à l’écoute… Bref, quelqu’un avec qui on aime discuter.
Il y a 30 ans, il a rejoint l’entité qui allait devenir plus tard Rouge Vif Junium.
Ce qui fait donc de lui notre plus ancien collaborateur ; une place qui le fait sourire, lui qui n’y voit aucun trophée, juste un joli bout de chemin parcouru.
C’est quoi ton parcours ?
J’ai un master de géologie et environnement. Et j’ai rejoint ensuite les visites de l’Andra en répondant à un poste de géologue pour animer des conférences. C’est là que tout a démarré : premières classes, premières visites, premières conférences. Puis des missions de plus en plus pour EDF… et depuis, je n’ai jamais vraiment arrêté de parler !
Qui sont tes clients ?
Depuis 2008, juste après l’ouverture du site, je passe deux ou trois jours par semaine sur le site du Synchrotron SOLEIL, sur le plateau de Saclay, en région parisienne.
Je travaille aussi pour Eau de Paris, et pour Planète Énergies, j’interviens en milieu scolaire. J’ai également travaillé pour l’ADEME, EDF, Gaz de France, la COGEMA, l’ANDRA, l’AFIDOL, le CPLD, ERDF, la COPACEL, AIREMPLOI, la SNCF…
Tout ça, en chiffres, ça donne quoi ?
Rien qu’au Synchrotron : environ 5 000 visiteurs par an.
Et au total ? Je pense plusieurs milliers d‘élèves chaque année.
Ça en fait, des questions !
Les thématiques qui t’éclatent le plus ?
Le Synchrotron SOLEIL, sans hésiter. C’est un accélérateur de particules : des électrons qui tournent à toute vitesse, une lumière qu’on récupère et qui est utilisée par les chercheurs du monde entier… C’est passionnant à raconter !
Et puis, il y a Eau de Paris : les fontaines, l’eau potable, les coulisses d’un réseau qu’on croit connaître…
La situation la plus drôle ou improbable que tu aies vécue ?
Un jour, absolument RIEN ne fonctionnait dans une classe, mais alors RIEN ! Les ampoules du rétroprojecteur, l’ordi qui ne s’allumait pas, tout. J’ai fini avec un bon vieux tableau. Comme quoi, il faut toujours savoir improviser et bien connaître son contenu.
Qu’est-ce qui te plaît dans ton métier ?
C’est un métier parfois fatigant, on parle toute la journée. Donc trois conférences de 2 h par jour, c’est mon maximum.
Mais j’aime toujours autant la liberté d’organisation de mon planning, la variété des publics, la richesse des sujets, les rencontres.
Une visite n’est jamais pareille.
Comment tu les trouves, les jeunes d’aujourd’hui ?
Ils sont de plus en plus jeunes, et moi de plus en plus vieux !
La question qu’on te pose le plus ? Et celle que tu aimerais qu’on te pose ?
Étrangement : « Monsieur, vous gagnez combien ? ».
Et aussi : « C’est quoi votre métier ? ». Ils hésitent : prof ? maître d’école itinérant ? scientifique ? chercheur ? journaliste ?
La question que j’aimerais entendre ? Je ne sais pas, par contre…
Quel conseil donnerais-tu à un conférencier débutant ?
Si on n’aime pas les gens, ce métier est impossible.
C’est comme un commerçant pas commerçant : on se demande ce qu’il fait là.
Et puis, être naturel. Ne pas « jouer » au conférencier. Être soi-même, avoir la posture dans laquelle on se sent le plus à l’aise. Par exemple, si tu te sens bien avec les mains dans les poches, eh bien fais-le !
Une compétence essentielle du conférencier ?
L’empathie.
Et un peu la patience, l’improvisation et l’art de captiver… mais bon, on avait dit un seul mot.
Le pire défaut d’un conférencier ? Et la plus belle qualité ?
Le pire : penser tout savoir.
La plus belle : faire attention aux autres. Toujours.
En repensant à tes débuts, qu’est-ce qui a le plus changé chez toi ?
Je suis toujours un peu (beaucoup) bavard, mais j’ai quand même fait des progrès depuis !
Si tu n’avais pas été conférencier, quel métier aurais-tu exercé ?
Hydrogéologue ou ingénieur en environnement.
Ou enseignant. J’aimais beaucoup l’histoire-géo et les SVT.
Si tu étais un outil pédagogique ?
Un micro. Très pratique pour se faire entendre !
(Ou une pastille pour la gorge : très utile !).
Si tu étais un lieu à faire découvrir ?
Le réseau de galeries du Laboratoire souterrain de l’Andra, jusqu’à 400 m de profondeur.
Et, plus bucolique : les toits des Galeries Lafayette. J’aime beaucoup cet endroit.
Si tu étais un type de groupe d’élèves ?
Sans hésiter, je serais André Dussolier dans le film On connaît la chanson.
Très, très participatif… un peu trop. Assez pour agacer Agnès Jaoui, qui est guide aux Buttes-Chaumont dans le film. Cette scène me fait toujours sourire.